oct 14 2008
Réaction au plan Sarkozy
La France garantira donc à hauteur de 320 milliards d’euros les créances des banques françaises et rajoutera jusqu’à 40 milliards d’euros pour recapitaliser les banques les plus en difficulté. L’effort est exceptionnel et marque la gravité de la crise et de la situation d’un secteur bancaire français dont madame Lagarde affirmait encore il y a quelques jours, qu’il était plus solide que ses voisins. Le plan confirme ce que tout le monde sait : les banques françaises ont elles aussi beaucoup joué et beaucoup perdu. Il est donc indispensable de garantir les prêts sur le marché interbancaire pour faire face à la crise de liquidités et de reconstituer les fonds propres de certains établissements bancaires.
Mais le contribuable français appelé au secours du secteur bancaire français peut-il être rassuré par les contreparties obtenues à ce gigantesque effort des Etats (*) pour sauver le système financier? Hélas non.
Les orientations du Président de la République sont claires : ce qui sera nationalisé demain, sera « re-privatisé » après demain. L’essentiel manque donc dans ce plan : les raisons de croire que demain, ceux qui ont joué et perdu avec l’argent des autres ne recommenceront pas.
Car demain, les français paieront pour le sauvetage du système financier mais ils paieront aussi les conséquences sociales de cette crise par l’augmentation du chômage, l’augmentation de la pauvreté et la dégradation générale des conditions de vie et de travail.
L’essentiel eut été : le strict encadrement des activités de crédit, la séparation de l’activité de banque de détail et de banque d’affaires, la taxation des mouvements de capitaux en provenance des paradis fiscaux, des restrictions européennes au libre échange pour inverser un partage des richesses de plus en plus défavorable au travail et de plus en favorable au capital, la constitution d’un pôle financier public pérenne orienté vers des les investissements stratégiques que le secteur bancaire privé refuse de soutenir.
Sarkozy sauve le système. Il ne le changera pas. Mais il fallait être naïf pour croire en un autre scenario de la part d’un homme dont la carrière est liée à la défense et à la promotion de ce système aujourd’hui en faillite?
(*) Ce sont 1700 milliards d’euros qui sont consacrés par les Etats européens au sauvetage de leurs banques, c’est à dire 15 fois le budget annuel de l’Union Européenne.















En prenant grand soin de garantir les dépots des particuliers (et en le faisant savoir haut et fort), Nicolas Sarkozy veut faire croire qu’il protège les déposants et épargnants du système financier alors qu’en réalité, son but est de protéger le système financier de la fureur des déposants et épargnants s’il devait arriver malheur à leurs dépots bancaires. Nuance.
La stratégie est d’ailleurs la même partout en Europe et au USA où les tenants du système tentent, par tous les moyens, de l’isoler de la colère, légitime, des peuples qui auront pourtant à souffrir les effets de la crise économique.
On peut malheureusement faire confiance à N.S., à son sens politique légendaire et son sens de l’embrouille, pour faire semblant de vouloir tout changer pour qu’au bout du compte … rien ne change pour les plus nantis !
Rajoutons à cela la complicité des médias et notre « homme d’état » devient super héros !
Facile la politique quand on s’autorise le recours au mensonge et à la comédie.
[...] “Réaction au plan Sarkozy” par Benoït HAMON [...]