août 26 2008
Interview au Figaro.fr
LE FIGARO.FR. – La candidature officielle de Bertrand Delanoë au poste de premier secrétaire est-elle une bonne nouvelle pour le PS ?
Benoît HAMON. – Elle était attendue. Elle est confirmée. Elle ne surprend personne. Elle est logique et pas moins légitime qu’une autre. J’attends maintenant que l’on passe au débat essentiel : comment être à nouveau utile aux Français ? Comment et où trouver de nouvelles marges de manœuvre pour changer la France ? Avec qui nous allier ?
Qu’attendez-vous des universités d’été du parti qui débutent vendredi à La Rochelle ?
C’est un préambule au congrès du PS, qui m’inquiète, et chaque semaine aiguise davantage cette inquiétude. Je vois mon parti tellement tourné vers lui-même, nombriliste, qu’il donne le sentiment d’être indifférent aux grands comme aux petits événements qui se déroulent dans le monde. Si on n’en termine pas avec ce parti-là, qui réussit à faire du tandem Collomb-Guérini le couple le plus convoité de l’été, on risque d’en finir avec le PS tout court.
Les jeux de séduction entre les ténors du parti se sont multipliés cet été…
Ce ne sont pas des jeux de séduction, mais des rapports de force. Les Français ont observé, amusés pour certains, navrés pour la majorité, des socialistes jouer au jeu de celui qui saura le mieux appâter l’autre… Pendant ce temps les négociations à l’OMC échouaient. Le PS en est-il content ? Ne l’est il pas ? On ne sait pas. La guerre fait irruption à nouveau sur le continent européen au moment où Nicolas Sarkozy ferme 80 sites militaires en France. Dix millions de Français ne partent pas en vacances, la récession économique se confirme. Tout devrait nous ramener à une opposition sans relâche ni faiblesse à la politique de Sarkozy mais les esprits des dirigeants socialistes sont ailleurs. Je pense que les gens de gauche et pour commencer les militants socialistes en ont marre. Ils ont raison.
N’est-ce pas révélateur aussi d’une panne de leadership au PS ?
Il faudra un leader, mais avec une orientation qui soit absolument claire. A quoi cela servirait-il d’avoir un chef, sans cap, sans navire et sans équipage ? Depuis juin 2006, les sociaux démocrates ont perdu 13 élections nationales sur 15 en Europe. La crise de la sociale démocratie est générale. Nous n’en sortirons pas en perpétuant les mêmes équilibres, les mêmes lignes, défendus par les mêmes hommes et femmes. Il est temps que ça change.
Avec qui envisagez-vous des alliances dans la perspective du congrès ?
Je proposerai, pour commencer, aux amis de Laurent Fabius et à la gauche du parti de déposer une motion le 23 septembre. Aujourd’hui, personne ne peut obtenir seul la majorité au PS. Des alliances sont exclues avec tous ceux qui nous proposeront d’une manière ou d’une autre de faire comme avant, de nous retrouver derrière une ligne creuse à défaut d’être claire. La clarté, ça ne peut pas être le moins disant politique. Quelles que soient les configurations au congrès, je souhaite que la motion que nous défendrons soit portée par un candidat au poste de premier secrétaire.
Un arc Aubry/Fabiusiens/Moscovici/barons locaux ne vous semble donc pas crédible ?
Ça ne marchera pas… Tout le monde cherche la recette de la potion magique : une pincée de gauche du PS, une autre de droite et une grosse cuillère de ventre mou pour faire une majorité. Ça s’appelle le rubix cube, où toutes les combinaisons sont possibles. Cessons ces jeux épuisants et refaisons de la politique. Face aux crises économiques, sociales et énergétiques, il faut des réponses de gauche. Les leaders de gauche en Amérique du sud l’ont compris et ils gagnent des élections partout. Obama aussi, qui parle de restrictions au libre-échange, du retour de l’intervention de l’état fédéral, alors que nous, nous en sommes encore à réciter un catéchisme social-libéral qui a échoué.
Vous êtes situé à la gauche du PS : quel regard portez-vous sur la création en janvier 2009 du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) d’Olivier Besancenot ? Pourriez-vous le rejoindre ?
Je suis socialiste. Je n’ai pas d’ennemis à gauche sauf quand ils versent dans l’intolérance. Demain, on doit tous se rassembler. Si le NPA rompt avec le refus de gouverner, il peut s’insérer dans le rassemblement de la gauche. C’est un préalable nécessaire. J’ai peur que les militants de gauche ne se sentent comme les Français, abandonnés par des dirigeants uniquement occupés par leurs querelles. Nous allons leur proposer un autre chemin, plus exigeant sur le fond.















Pierre Moscovici, héraut quotidien du blog de l’Odéon :
http://davidetceline.over-blog.com/
L’interview est très intéressante et les réponses (comme souvent) très pertinentes!
A propos de « baronnies locales », ne croyez-vous pas que le PS doit changer son fonctionnement interne pour éviter ce genre de problème à l’avenir?
Dans toutes les sections, il y a des talents et malheureusement, notre fonctionnement nous englue dans des débats stériles qui n’aboutissent que très rarement à des idées qui pourraient servir le parti. Si on ajoute à ça les querelles internes à certaines sections, on n’incite malheureusement pas les nouveaux militants à rester, à s’exprimer, et même, à se présenter le moment venu!
Trop de talents sont aujourd’hui gâchés… Que proposez-vous face à cela si « Reconquêtes » est majoritaire?
Bonjour,
Je viens de recevoir une liste des signataires de l’appel à consultation directe des militants sur le mandat unique. J’étais un peu déçu de voir que tu n’étais pas signataire camarade, j’espère que c’est un simple oubli!
http://www.pourlemandatunique.net
Bertrand Delanoé a dit qu’il aurait « du plaisir » à travailler avec le député européen Benoît Hamon.
Pourquoi ne pas imaginer un rapprochement de la contribution Reconquêtes avec celle de Delanoé. Après tout, les deux motions sont elles si éloignées idéologiquement? Delanoé insiste fortement dans sa contribution sur l’idée de donner plus d’importance à l’Etat pour réguler l’économie et sur le refus du fatalisme.
Faire celà ça donnerait une ouverture médiatique pour Reconquetes parce que pour l’instant on entends peu l’aile gauche du parti. Sinon le PS est bien parti pour le statut quo.
J’ignorais cette pétition. C’est fait.
BH
Le totem de l’assistanat: c’est la taxe finale…………p’ov France :
Comment va-t-on financer le RSA ? C’est très simple. Sans coup férir, la rupture sarkozienne y pourvoira : en effet, encore et toujours par la coercition étatique, on va prendre aux riches de quoi permettre aux pauvres de survivre en silence.
Cela porte un nom qui, d’ailleurs, a beaucoup à voir avec la couardise : gérer la pénurie. Il va sans dire que les forces progressistes dont s’honore notre classe politique dans tous ses recoins de droite, du centre et de gauche se frottent déjà les mains.
Rappel: Diatribe de François Mitterrand en 1997: le véritable ennemi c’est l’argent qui corrompt, qui achète, qui écrase, qui tue, qui ruine et qui pourrit jusqu’à la conscience des hommes ! création de ISF, qui découle de cette idéologie » riches contre pauvres » et qui devait financer le RMI
Résultats ; ISF a ainsi fait fuir plus de 10000 grandes fortunes, représentant un capital estimé entre 150 et 200 milliards d’Euros. Si ces milliards étaient restés en France, ils rapporteraient plus de 8 milliards par an en impôts et en taxes. Le calcul est vite fait: l’ISF rapporte 4 milliards par an, mais il coûte 8 milliards. Soit un manque à gagner de 4 milliards pour les caisses de l’état…… et plus de 500 000 emplois perdu pour la France !
L’impôt sur les sociétés: la France est à 33 % quand la moyenne européenne de 23% est bien plus raisonnable. De même l’impôt sur le revenu: notre taux marginal est à 40 % , la moyenne européenne à 30 % .
Re taxe sur le capital 2009 pour le RSA ! « La recette de cette contribution additionnelle, qui s’ajoutera aux 11% de prélèvements sociaux existants (CSG, CRDS, contribution de 2%, cotisation solidarité autonomie de 0,3%), et qui touchera les revenus perçus en 2009, serait proche de 1,4 milliards d’euros », c’est donc l’ensemble des français qui serrait « taxé » une foi de plus ! L’idée de réduire les dépenses inutiles n’est pas envisagée.
Résultat: nos entreprises se délocalisent et les citoyens français font leurs valises avec leurs capitaux. Plus de 2.100 000 français vivent et travaillent dans le monde après avoir été formé aux frais de la collectivité. Ils font le bonheur des pays d’accueil par leurs talents, leur création de richesse, leurs impôts.
L’important, c’est la situation réelle de l’économie française handicapée par une fiscalité débridée, faire enfin les réformes indispensables, réduire les dépenses, les gaspillages, les fraudes et pour finir, accepter l’économie de marché !
En France, nous sommes très intelligents, on diabolise les « riches » forcément exploiteurs, donc qu’il faut, jalouser, taxer, spolier et pour finir les pousser hors de France par les persécutions fiscales, réglementaires, morales. Il ne reste plus que les classes moyennes pour financer nos folles dépenses.
La taxe « RSA » n’est donc bien qu’un « impôt sur l’effort et la sagesse ». En augmentant les impôts pour les fourmis afin de donner du pouvoir d’achat aux cigales c’est un retour aux errements du passé.
Aubry ferme la porte à NPS trop à gauche pour elle et ses projets de majorité! Très bien! Peut-être aurons nous droit à autre chose qu’un attelage contre nature, informe, sans contour idéologique et sans autre but politique que de devenir la majo indéterminée politiquement avec Aubry, les Strauss et les super-droitiers de la Ligne claire.
Depuis un bon moment, Trait d’Union (sensibilité notamment animée par Mélenchon) appelle à l’union des gauches du PS.
Trait d’Union et Dolez proposent d’écrire collégialement une motion de la gauche du PS unie. En effet, la route pour transformer le PS en parti démocrate “moderne” passe d’abord par l’éviction de la gauche du partie. Celle-ci doit s’assumer pour permettre la clarification idéologique et planter un bâton retenant la dérive du parti sur la pente droitière.
UNION UNION UNION des gauches du PS.
Pour faire l’union il faut parler, discuter, évaluer les convergences et les divergences.
Au lieu de cela, camarade Hamon, tu prétends unilatéralement rassembler derrière toi la gauche du PS sans même discuter avec ces camarades potentiellement partenaires.
Les militants appellent à l’UNION des gauches du parti! UNION UNION UNION des gauches du PS.
Dans ce congrès, il n’y aura pas la place pour une motion de gauche du PS molasse « reconstructeurs » compatible pour une alliance au congrès et une motion de la gauche du PS qui s’assume pleinement.
L’Union passe par la discussion directe, pas par des communiqués de presse!
Bravo pour cette interview au FIGARO qui vous honore dans votre démarche claire et honnête, hors de toute velléité partisane.
Malheureusement, il est fort à parier que les vérités sur l’état du PS que vous énoncées seront vite masquées par les oligarques du parti, évitant une fois de plus de réaliser le droit d’inventaire de l’héritage miterrandien.
@François : Delanoë doit rester à sa place, point final. Car tout comme pour Sarkozy, c’est en regardant dans le détail de l’application de ses mesures qu’on se rend compte de l’illusion de sa communication…
Fallait quand même être sacrément gonflé pour vanter à la fois la construction de grandes tours aux portes de Paris et se prétendre le chantre de l’écologie.
Avoir voulu jouer solo sans le Modem, il a préféré laisser intacte aux municipales la nuisance de ses opposants de droite plutôt que de faire un semblant d’alliance républicaien et donner une vraie bonne raclée aux trouppes de De Panaf’. Cela dénote juste qu’il est incapable de mutualiser les bonnes volontés.
Bonjour à vous !
Je reposte donc mes félicitations quand à la cohérence (pour le moment) qui semble émaner de la gauche du PS en vue de la préparation du congrès de Reims. D’un côté nous avons Jean Luc Mélenchon et Marc Dolez, de l’autre côté Marie Noëlle Liennemann et vous même.
Ma question sera donc simple : avez vous prévu de vous rencontrer (malgré vos divergences) afin d’éventuellement convenir d’une motion commune ?
Quels sont les points d’achoppement entre « Reconquêtes-Changer » et « Réinventer la Gauche-Debout la Gauche ! » ?
Dernière remarque, malgré toute l’estime que je porte à Martine Aubry, et comme le font remarquablement bien remarquer les journalistes du monde, il y a lieu de s’interroger sur cette « cette alliance hétéroclite, cimentée par une vision commune du parti plutôt que par un accord sur le fond. » Ne craignez vous pas un Le Mans bis avec un tel accord ?
je suis heureux du soutien que nous apportons a madame aubry car il faut redonner de l’epaisseur à la politique , elle est a nos yeux une vraie femme politique et qui veut donner un contenu à la gauche , les presidentielles c’est dans 4 ans alors que le ps doit travailler à repondre aux problemes des francaises et francais, pour cela nous avons besoin de tout le monde,nous ne comprendrons jamais ceux qui parlent de decerner des medailles au dalai lama, etc —, qui refusent de travailler avec des socialistes , par contre ils veulent travailler avec sarkozy et bayrou , heureusement que mme aubry, cambadelis , leguen, huchon;arnaud,ont bien compris le PROBLEME . Et leur reponse est la bonne comme le dit si bien mme aubry , et si on se retrouvait ensemble. etc— aile droite et aile gauche du ps ,nous produirons un bon projet , nous rassemblerons la gauche et battrons bayrou
La gauche du parti, toute sensibilité confondue (de JLM aux fabiusiens en passant par NPS) a beau jeu de pointer du doigt la querelle des ego des dirigeants actuels, elle est elle-même en proie à cette maladie visiblement incurable et qui conduit, plutôt que de chercher à fédérer tout cette gauche et à travailler en commun puisqu’ils partagent les mêmes analyses, à se jeter dans les petites combinazione d’appareil avec les strauss kahniens et Aubry dans une alliance de la carpe et du lapin où quelqu’un devra bien manger son chapeau. Cette gauche du parti ferait bien de se ressaisir, de se fédérer sur ses idées de gauche et d’abattre l’atout du renouvellement en soutenant la candidature de B. Hamon au poste de 1er secrétaire. les militants de la gauche du parti y sont tous prêts. Au lieu de cela, les petites blessures d’amour propre de JLM, Fabius, Emmanuelli, Hamon et consorts sont en train de déployer le tapis rouge à la droite du parti. De quelques sensibilités qu’ils soient, les leaders des sensibilités sont décidément incurables !