juil 09 2008
Débat sur la politique monétaire européenne
Voici la question que je pose ce matin en séance pleinière à messieurs Trichet et Juncker respectivement président de la Banque centrale européenne et président de l’Eurogroupe.
« L’Euro est une monnaie de plus en plus chère, par rapport à celles de nos principaux partenaires et concurrents, c’est particulièrement vrai par rapport au dollar. Bien entendu, la politique de relèvement systématique des taux directeurs de la BCE, conjuguée à la politique en sens inverse de la FED, ne fait qu’amplifier le phénomène.
L’opinion dominante, notamment dans cette enceinte, voudrait que l’évolution des taux de change relève de la compétence exclusive et souveraine de la BCE. Quant à la BCE elle même, elle refuse, par la voix de son président, de s’exprimer sur ce sujet au delà du rappel de vagues déclarations internationales.
Cette situation est non seulement peu transparente et peu démocratique, elle est surtout contraire aux Traités.
Selon l’article 111 du Traité, je cite, « En l’absence d’un système de taux de change vis-à-vis d’une ou de plusieurs monnaies non communautaires le Conseil, statuant à la majorité qualifiée soit sur recommandation de la Commission et après consultation de la BCE, soit sur recommandation de la BCE, peut formuler les orientations générales de politique de change vis-à-vis de ces monnaies. »
En d’autres termes, la zone Euro s’est bel et bien donné les moyens de débattre et de décider démocratiquement de sa politique de change. Ma question est simple : plutôt que de gémir, qu’attendent les gouvernements de l’Union pour agir? «















voila une vrai parole de gauche
amicalement, florent
Excellente et cohérente question Benoît ! Y-a-t-il eu un semblant de réponse ?
Amitiés
Olivier
Bien la question de fin !
Il aurait fallu que le PS durant la campagne présidentielle soit plus révolté et argumente mieux sur les conséquences humaines de la précarité et de la délocalisation: Hier, un reportage sur France 3 montrait que depuis la fermeture de l’usine Moulinex, il y a 7 ans je crois, il y a eu 9 personnes qui se sont suicidées. Ainsi, une amie d’une ouvrière disait qu’elle lui avait clairement dit qu’elle n’en pouvait plus de la précarité.
Autre fait, un ouvrier de l’usine Good Year disait qu’avec les 4 huit que la direction voulait leur imposé, il ne pourrait plus avoir ses enfants en garde alternée.
Quand on pense que le patronat exige toujours plus de flexibilité de la main d’oeuvre et que la droite applique cette logique spiralisante de responsabilités reposant essentiellement sur les salariés ! Après avoir assommé l’individu, ce sont les liens familiaux et parentaux qui vont morflé !
« Qu’attendent les gouvernements de l’Union pour agir? ». La réponse à la question de BH est qu’une majorité de gouvernements ne veulent pas agir car ils sont d’accord pour que la BCE décide elle-même de sa politique de taux de change. BH le reconnaît d’ailleurs lui-même : « l’opinion dominante, notamment dans cette enceinte, voudrait que l’évolution des taux de change relève de la compétence exclusive et souveraine de la BCE ».
Il faut bien s’y résoudre et en tirer les conséquences qui s’imposent: le point de vue français est actuellement minoritaire en Europe, aussi bien sur le plan social et diplomatique (cf. la guerre en Irak) que sur le plan de la politique monétaire.
Merci de continuer à poser ces questions sur la politique monétaire, Benoît.
A noter, sur ces sujets, dans son livre « d’où vient l’argent », que François Rachline fait une proposition révolutionnaire : Créer la monnaie pour les pauvres, plutôt que répartir la richesse.
En 1913, il a été démontré que le mécanisme du crédit revient à une création monétaire. Aujourd’hui, en ces temps de monnaie électronique, créer l’argent ne coûte rien à créer.
Il est donc totalement injuste que ce soit ceux qui possèdent tout le capital nécessaire pour faire des échanges dans la société qui bénéficient en priorité de la création monétaire par le crédit, aux meilleurs taux, par collusion d’avec les financiers, tandis que ceux qui n’ont aucun capital le paye au prix fort !
Cela explique en grande partie la hausse inéluctable des inégalités et la concentrations des richesses entre quelques mains.
A coté de l’idée intéressante de Laurent Fabius, celle de réaliser des grands travaux par émission monétaire, on peut également envisager une autre mesure :
Prêter l’argent gratuitement à ceux qui n’ont pas de capitaux.
merci de te battre pour que l’Europe, et notamment la politique monétaire, soit menée par des instances démocratiques et non par des technocrates! (y a du boulot!)
Ta question est excellente mais… Je ne suis pas partisan de laisser le sort de la valeur de l’EURO a quelques politiciens qui ont des visées a court terme alors que les répercussions risquent d’être très négatives à long terme. Monsieur Trichet a dévalué le Franc français plusieurs fois lors de son mandat de gouverneur de la Banque de France, et il connait l’incidence de cette politique sur l’inflation. Ce que l’on gagne en compétitivité on le perd en pouvoir d’achat. Avoir une monnaie forte permet les investissements étrangers, la maitrise de l’inflation importée et une meilleure portée de la politique des taux d’intérêt. L’Euro est une nouvelle monnaie, et bien qu’elle fasse partie de l’une des monnaies de réserve, elle n’est pas LA monnaie de réserve comme l’est le Dollar. La suprématie du Dollar confère à la FED une plus grande souplesse. Il est très difficile aujourd’hui pour la BCE de suivre une politique similaire. Elle est dépendante de la perception des marchés, et de sa légitimité. Si demain le Conseil Européen remet cette légitimité en cause c’est tout le système qui s’en trouve affaibli. Donner ce pouvoir au Conseil Européen serait catastrophique pour la légitimité de la BCE, et forcerait les marches à anticiper une remontée abrupte des taux pour éviter une fuite des capitaux.
Cher Benoit Hamon,
Entièrement d’accord avec toi sur bien de points.
Entièrement d’accord pour un débat entre les divers candidats, mais en interne et pour quoi pas dans le cadre du prochain congrès.
Notre problème prioritaire est celui de doter notre parti d’un premier secrétaire et d instances nationales et locales en mesure d’en assurer son bon fonctionnement.
Je ne crois pas que cette phase de notre organisation puisse intéresser l’électeur lamnda de la Creuse ou du Finisterre qui aura voté Sarkozy à la présidentielle et UMP aux législatives.
Réglons nos problèmes internes entre nous, entre dirigeants et militants socialistes, choisissons un premier secrétaire, faisons tous (je m’adresse aux candidats, dont vous êtes) le serment solennel et public de fidélité et de soutien à celui ou celle que sera désigné par le vote du congrès.
Ensuite mais seulement ensuite, le temps sera venu d’avoir tous les débats que vous voudrez , y compris de débats TV avec les responsables de toutes les autres formations politiques pour faire connaître les orientations, les alliances envisagées et le programme du parti socialiste.
Toutes les petites phrases, les invectives, les mots d’esprit dont vous devenez tous coutumiers, ne font, vous le dites vous-mêmes et j’en conviens, qu’accentuer les divisions et sont un régal pour nos adversaires politiques.
Vous-mêmes, en prenant position, par le ton que vous employez, ne faites ni plus ni moins que les autres. Vous essayez, usant les arguments que vous croyez, sans doute, justes, de prouver aux autres qu’ils ont tort.
Comme celle de la plupart des candidats votre démarche est négative.
Vous vous devez, et tous les candidats devraient en faire autant, d’exposer une opinion et pourquoi pas un programme en vue de reformer, moderniser, mobiliser, que sais-je encore, le PS, sans tenir compte et surtout sans critiquer le programme des autres pretendants au même poste que vous.
Après que chaque candidat ait exposé son projet, le congrès votera et un seul parmi les cinq ou six prétendants, sera élu.
Un avant-congrès, comme une primaire, dans un parti où la cohabitation est obligatoire et la discipline doit faire loi, n’est pas une élection présidentielle.
Vous êtes plusieurs candidats, frères de lutte au sein du même parti que pas adversaires puisque vous serez appelés à vivre ensemble, sauf…évidemment ??? mais là n’est pas le problème pour l’instant.
Faites, après avoir exposé votre projet, le serment solennel d’apporter fidélité et soutien au nouveau premier secrétaire. En ce faisant, vous aurez droit, si vous êtes élu, d’en réclamer autant des vos collègues candidats.
Mes compliments, pour finir, pour votre proposition de création d’un pôle financier publique.
C’est par là que la solution arrivera.
Cordialement
C’est exactement le message que j’ai voulu faire passer à Benoit Hamon. Ses propositions sont concrètes et vont dans le bon sens. Mais pas d’enfermement, d’attitude revancharde ou exclusive, c’est ce dont les français ne veulent plus; il faut un front commun qui avance ensemble, qui se bat avant tout pour le pays pas pour les ambitions personnelles des uns ou des autres. Il faut également une ouverture d’esprit et une écoute attentive des citoyens, c’est aussi ce qui manque actuellement.
Il faut déclencher une guerre d’idées et de propositions constructives, pas une guerre de personnes, stérile et inutile.
J’espère que le prochain secrétaire du PS en sera capable, si c’est B.Hamon tant mieux , il est jeune, dynamique et propose une nouvelle dynamique. Après évidemment, il ne faudra pas décevoir.